Richard Pinhas
musicien

Rpinhas@imaginet.fr



Le PLAN

"Au philosophe, fondateur du plan"

 Le PLAN

Au philosophe, fondateur du plan

Perdus dans les mondes intérieurs du grand voyage, dans les plis de la Nature, il nous faut retrouver l'essence non humaine de l'HOMME et les mondes inorganiques,les animaux, les végétaux, le minéral et le stellaire. Nous vivons dans le plus stricte simultanéisme et notre tristesse provient probablement de l'irréversible perte de la phantasque unité primordiale, la fusion de l'Un et du multiple, de l'Homme et de la Nature. Sans doute celle ci n'a t'elle jamais existé, mais sa vision romantique nous permet d'affronter les exils si difficiles mais beaux d'un jour qui à quelque chose prêt , pourrait devenir pire que la nuit Et nous autres les bêtes de somme, les Idiots temporels et les Météos, schizophrénes d'un Monde en achévement devont subir les contraintes , encore une fois, difficiles mais belles, d'une trajectoire cosmique et indéfinie. Dés lors les "peintures bigarrées de tout ce qui a été cru" sont comme une sorte de mur réel dans lequel notre destination est l'écrasement forcé, le crash, la destruction, ou tout au contraire la production d'un horizon sans limite, d'un supra-sensible absolu et de la plus grande rectitude, le dévouement à l' oeuvre" à venir. Mais là aussi réside notre ultime noblesse, notre derniére Résistance.

Nos productions sont les derniers sursauts,les ultimes râles de la Terre, la Légére. Peut-être sommes nous, hélas, les derniers interprètes, les derniers ceci...les derniers cela, Gloire aux derniers quels qu'ils soient, les derniers romantiques contempteurs du réel ubiquitaire, les derniers transducteurs, les oscillateurs perdus des cris de la Terre. Et souffre ainsi la totalité du Cosmos dans le déjet improbable de nos subjectivités.Sautent les dernieres strates, les derniers organes, et ainsi s'offre à nous la grande déterritorialisation. Cette épreuve que nous nous imposons est aussi notrehonneur,la souffrance de l'Homme et le Pont vers le Surhomme. Car n'en doutons pas,comme il a été dit de tout temps, nous demeurons un Pont vers le Surhomme. Notre chair est celle des innombrables crucifiés et nos larmes sont celles d'un cerveau devenu stellaire et moléculaire.

Aussi ne nous reste-t-il plus comme avenir qu'une imperceptible production, une multiplicité de petits actes ridicules, autant de songes hypocondiaques qui nous libérent dans le mouvement même ou ces productions nous guident vers l'Abime majeur des étoiles de la grande Unicité Héraclitéenne. Chaque mot ou bien chaque note, chaque couleur est pour les "Voyants" une douleur plus terrible encore que la douleur de la Terre, plus douloureuse encore que le Néant imaginable de nos corpuscules organiques lorsque cesse, dans un mouvement tres naturel, tout procès de production.

Heureusement, nous sommes les damnés, les exclus du monde immonde, de la pornographie actuelle, les grands déterritorialisés, les fréres techniques et désirants d'un Cosmos en extinction. Belle et désirable est cette fusion.C'est peut etre cela l'essence du Vouloir et donc de la Volonté, la belle contre- effectuation de la puissance constatant son inexorable déclin. Sachons décliner avec panache puisque toute vie est Déclin, comme toute vie, dit Scott Fitzgerald, est (serait?) un processus de destruction. Nous sommes les Gatsby des temps actuels, les Bartleby du virtuel, les derniers errants, les derniers nomades. Composer est devenu un acte d'amour Possible. Et par delà la composition, par delà Bien et mal, dans la Mecanosphére qui est littéralement Machination, truquage, jeu (car de tout temps l'enfant-roi joue au palet, au tric trac, à l'ordinateur, aux multiples pratiques de l'amour physique...), nous décrivons l'ultime Plan. LE PLAN.

A vous mes fréres de douleurs et de production, nous entrons enfin et pour toujours dans le "theatre de la cruauté", la seule vraie réalité. Et si par malheur il ne devait nous rester qu'un seul desir ce serait celui là: La construction du plan, sa consistance et sa densité, son immuabilité et son immutabilité. Dressons le plan et activons son Apologie. Nous autres les damnés, les imperceptibles, activons la plus pure immanence. Notre refuge est la stricte et absolue ontologie du Plan. Apprenons à l'aimer, à vivre par lui et en lui. Et si ce plan est bien la Rhisosphére alors serons nous sans doute les derniers nomades Cosmiques de la Terre, la légére.

"Dieu calcule, le monde se fait", enfin nous pouvons devenir imperceptibles et errer sur les lignes de fuite de l'Absolu(dit-il). Grande est notre tâche , mais immense est notre courage car jamais nous n'échapperons à cette "belle mort" promise comme un Eden impossible. Nous sommes les agents Du Chaos, les grands déterritorialisés, les porte-paroles du Signe. Car soyez en sur, mes amis, le signe arrive. Si nous désirons encore et toujours l'Eternel Retour, c'est en tant que ,gardiens et garants errants du Plan, aussi sommes nous avec gaieté les porteurs du "poids le plus lourd".

Soyons les praticiens du multiple, et gageons que le Monde de demain, car il y aura forcément un monde de demain, sera l'effectuation meme de toutes les virtualités du plan.

Il fait froid mais poînt l'astre à l'horizon. Cette pensée du Poids le plus lourd est bien celle de la Rhisosphère, à savoir l'effectuation complexe et oncréte du Plan, Rhizosphère, Mékanosphère, Schizospère, le plan du désir est plan d'immanence, plan de consistance et plan de composition(dit-il encore). En ceci réside notre simultanéisme interieur.Les mondes connexes et différentiels sont l'affirmation réel des facettes multiples de la réalité une et indivisible. Peut être est-ce dans les plis du Plan que réside l'essence temporelle des nomades de l'intérieur. Sans doute est venu le moment de se quitter, puisque, disent les Véda, il y a tant d'Aurore qui n'ont pas encore lui.

Mes fréres encore un effort pour rejoindre le funambule et réaliser l'ajointement de la Résolution. Le plan est notre Ami et notre allié, veillons à en réaliser tous les possibles. Actualisons ses virtualités et sachons garder précieusement dans notre coeur la réalité de son existence. Sans doute deviendrons nous de pures Entités, des tourbillons et des souffles, des Différences et des Répètitions. Veillent sur nous les mânes du grand ordonnateur, Baruch nous montre la grande quiétude de l'infini et du monde des forces. Nous avons fleuri son nom , au Nom même de la grande pensée. Demain peut être un jour nouveau se lévera et nos visages, enfin, serons penétrés de lumière. Nous sommes le silence et la lumiére, les derniers luministes, les grands acteurs du PLAN.

Richard Pinhas

1 Septembre 2O27